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QUATRIÈME TABLEAU

Une rêverie solitaire ne cesse pas soudainement:
elle continue sans interruption, flottante à droite, et à gauche,
mais retournant finalement sur elle-même.

Mon bateau va aussi de la même façon,
devant un vent crépusculaire.
Nous entrons la bouche du petit étang

à côté du chemin des fleurs,
au moment où la nuit enveloppe
la Vallée de l’ouest et la Pagode d’or,

et les coteaux dentelés regardent la constellation du sud;
la brume est suspendue sur les remous profonds de la rivière;
cette brume se tourne doucement avec le courant changeant.
Derrière moi, à travers des pins, la lune descend,
et à ce moment serein, me vient l’idée que les affaires du monde
sont comme une mare qui se répand vite dans les torrents printaniers.

Ah, c’est ainsi; mais je sais que je suis content d’être un vieillard
qui traîne sa canne à pêche en bambou sur la figure de cet eau étendue.

CINQUIÈME TABLEAU

Je me souviens de ce jour-là tandis que la pluie froide
obscurcissait ma vision des bords du fleuve:
—maintenant la nuit entre dans la vieille ville.

Ce matin-là, à l’égale apparition de l’aube,
je vis mon vieil ami comme il s’en alla tout seul
à la montagne frigide.  Il me donna ce message
pour ses amis et pour sa famille chez lui:

« Mon cœur est un morceau de glace
qui nage dans une tasse d’albâtre. »

Et je me dis cette phrase poétique
à ma voix secrète, même aujourd’hui.


SIXIÈME TABLEAU

L’après-midi est un grand rêve confus.
Pourquoi dissipez-vous vos vies dans un dur labeur ?
Pendant que je pense à cette chose,
e note que j’ai été ivre toute la journée.

Auparavant je suis tombé et je suis resté longtemps
sur la terre entre les piliers du portique de mon palais.
Quand je me suis réveillé, je regardais fixement
la cour devant moi.

Un oiseau criait de loin, perché sur le pignon
du toit écarlate; c’était une grive dorée qui chantait;
et pendant que j’écoutais, je pensais:
Pourquoi travaillez-vous sans cesse pour faire cette mélodie ?
Quel prix recevrez-vous pour cet effort ?
Maintenant, réveillé à ma table, je crois que nous sommes
comme cet oiseau ridicule, faisant des choses pour rien.
Quelle honte !  Mes sentiments me font pousser un soupir . . .

Ah !  Mais mon vin de prune, doux et rose, est là
dans ma carafe de céladon.
J’incline ma tête afin de boire un long trait:
en prendrez-vous avec moi ?

Dans peu de temps, je chanterai merveilleusement
« J’attends la lune pleine » et, sans l’ombre d’un doute,
j’oublierai mes sentiments à la fin de mon chant . . .

Ô pardonnez-moi !  Permettez-moi de vous demander:
mais quel jour sommes-nous ?

 

CONCERNING SOURCES

These poems are not my direct translations from Chinese into my French.  I don’t know Chinese.  Sources for TABLEUX CHINOIS are translations or arrangements from original Chinese made by others, principally in English, but in a few cases in German or Italian.  It was from those pieces I made the foundations for my French “Chinese Pictures.”  The only sources for which I can cite an author came from Amy Lowell’s 1921 Fir Flower Tablets.  In the case of her quite wonderful poems, Lowell, not knowing Chinese, wasn’t the direct translator; rather she made finished poetry from more or less straight translations in English rendered by Florence Ayscough, a scholar of Chinese verse who was the poet’s collaborator for the project.  Those Lowell poems (and a few images from her Pictures of a Floating World) figure largely in what I have made into my French.  There are, however, other sources beyond Lowell for my work, and a good many of them were anonymous, found in an odd assortment of places.  From this gathering I created these Chinese-themed poems in my own French.  To my knowledge there is no translation of Lowell’s English Fir Flower Tablets into French, or any other language for that matter, but this may not be correct.

My pieces are variations on all the sources because I manipulated the material, rearranged much of it as I wrote my French, sometimes merging two or three of the sources into only one of my poems, sometimes infusing my own images and crisscrossing the storylines.  I made a blending, indeed a mélange in French from a mélange in other languages.  The closest I came to a straightforward complete translation of a whole poem are several from Lowell.  There are more instances in which I rearranged a piece of hers, even combing images from two or three different pieces as I made a French variation., sometimes rewriting the story of the poem so that it ends differently or has a different emphasis.  Often there are free fantasies on themes and images.  The project is an interesting journey of ancient Chinese verse being taken into the language of several different translators, taken then into my French, and finally, for a few of the pieces, going into English translation again.  The poems in my suite of ten pieces have numerical designations only.  Sebastian Hayes, who is rendering some of them into his English versions, has given titles to the pieces as it suits him to do.

Roger Hunt Carroll

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